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PROPOS
D'UN
CENTENAIRE
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Notre Vie" vient de rencontre un centenaire. Ce n'est
pas si courant dans notre beau département. Monsieur Marcel
Pissier est né en 1904. Il a donc cette année 102 ans.
Fils d'une famille d'agriculteurs, il a passé son enfance
dans la ferme de ses parents : ni eau chaude, ni chauffage.
On allait faire la vaisselle dans la buanderie. Il arrête
l'école à 12 ans et travaille comme vacher à la ferme.
Il se marie en 1929.
1939, c'est la mobilisation.
Il part au combat et est blessé gravement en 1940. Il
revient à la ferme et retrouve son épouse. Ils arrivent
dans le Loir-et-Cher en 1942 à Ouzouer-le-Marché et ouvrent
un commerce de grains. |
En
1953, il est élu conseiller municipal. Il le restera jusqu'en
1983 et assurera la fonction de maire-adjoint pendant
15 ans.
C'est un passionné
de musique et il s'occupe de la fanfare municipale de
1946 à1998. Voulant rester en forme, il s'inscrit à l'aquagym
en 1983. Ilen fera jusqu'en 1998. Ce n'est qu'avec regrets
qu'il s'arrête de conduire en 1998 à plus de 94 ans !
Dans la maison que le couple
a fait construire en 1971, il connaît les joies du chauffage
central ! Il y vit encore très bien aujourd'hui avec trois
téléphones, ses deux télévisions et son four micro-ondes,
etc. Hélas son épouse est partie il y a quelques années,
mais il est entouré de la prévenance de ses enfants.
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Voici quelques propos
que notre collaboratrice a recueillis auprès de lui :
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Oui, je suis au repos! mais ce n'est pas encore le repos éterne
!! J'ai l'impression d'avoir remporté une victoire sur le temps.
Je suis étonné de voir tout le monde autour de moi si prévenant.
Serai-je sur le déclin ? Personne pourtant ne me l'a fait remarquer
! C'est vrai, je me fais gronder si je ferme moi-même mes volets
! Né en 1904, ma vie d'adulte commence en 1930. Je me suis marié
en 29, et nous avons vécu quatre périodes de crises : - une
économique: c'était la grande crise internationale; - une, de
presque dix ans, tragique: la guerre; - une d'invalidité physique
à 75%; - une dernière crise morale: me retrouver à 37 ans, privé
de ma vie d'agriculteur, obligé de me reconvertir, de devenir
commerçant. |
| J'avais vécu une jeunesse indépendante, l'indépendance
du paysan, et j'ai été obligé de changer de vie, de milieu.
Mais j'ai vite été adopté à Ouzouer, nous nous sommes
vite adaptés. Conseil municipal: j'ai eu une grande émotion
quand monsieur le maire m'a remis la médaille des 25 ans
et où j'ai dû improviser ma réponse. Après toutes ces
années dures, je reçois un dividende de chance. J'ai eu
un mariage de 70 années avec une personne merveilleuse,
courageuse, chrétienne. J'ai des enfants superbes, des
petits-enfants et des arrière-petits-enfants. Oui, je
suis fier de ma famille. Mon grand-père traçait droits
les sillons, ma famille en fait autant. Oui, vraiment
ma vie vaut le coup d'être vécue. |
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Propos recueillis par M-L. Raulin.
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