Il y a 150 ans à Blois
<
Le 25 mars 1856, Marie-Virginie Vaslin et Emélie Crosnier s'engageaient dans la vie religieuse devant l'évêque de Blois, Mgr Pallu du Parc. Ceci se passait à l'évêché, devenu la mairie de Blois. Ainsi naquit une congrégation " au service des personnes appelées elles-mêmes à servir dans le monde ", autrement dit " au service des domestiques ". Comment en était-on arrivé-là?
Dans le même temps, Marie-Virginie voulut se consacrer à Dieu, pour le service des domestiques.
Le 25 mars 1856, jour de " l'Annonciation ", c'est-à-dire jour où Marie accepte d'être la mère de Jésus en disant: " Je suis la servante du Seigneur ", Marie-Virginie et Emélie devinrent " Servantes de Marie ". Plus tard, la congrégation se soumit à l'esprit de pauvreté de saint François, d'où leur nom de Franciscaines Servantes de Marie.
Arrivée à Blois
Fille d'un simple agriculteur de la Sarthe qui termina sa vie comme bûcheron et "cuiseur de bois", Marie-Virginie avait été placée " pastourelle " comme beaucoup de filles de la campagne à cette époque. Après plusieurs étapes, elle arriva à Blois vers 1850. Blois était alors une ville de 18000 habitants. Pas de manufactures encore, donc pas d'ouvriers, mais des artisans, des paysans (jardiniers, viticulteurs), des commerçants et aussi des professions libérales: notaires, juristes, médecins, négociants, banquiers qui avaient besoin de domestiques.
Il y avait 1 500 femmes domestiques vers 1850. Le sort de ces jeunes filles n'était pas facile. Soit elles étaient estimées, vivaient au sein de la famille, travaillant chaque jour, dévouées " corps et âme ", soit, si elles perdaient leur place, se retrouvaient sans ressources et sans logement.
Domestique comme elles, Marie-Virginie, qui avait " du tempérament ", prit conscience de cette situation et loua une masure pour les héberger et les nourrir dans l'attente de jours meilleurs. " L'œuvre des domestiques " était née. Les filles devenaient de plus en plus nombreuses et il fallut souvent trouver un logement plus grand.
Et maintenant
Depuis 150 ans, elles essaient de ne pas perdre de vue l'intuition de leur fondatrice. Et s'impliquent toujours pour la promotion de la femme, soit en France face à l'esclavage moderne qui menace les femmes étrangères, soit en mission à Madagascar, en Inde ou au Tchad, pour la promotion de la femme, et le service des enfants, des malades, des lépreux.
Leur maison-mère se situe toujours à Blois, au 15 de la rue Monin.
Ce 25 mars 2006
Le samedi 25 mars prochain, à 18 h 30, dans la cathédrale jouxtant l'ancien évêché, la congrégation fêtera le 150ème anniversaire de sa fondation. A cette occasion cinq sœurs franciscaines s'engageront à suivre le Christ, trois indiennes et deux malgaches, au cours d'une eucharistie présidée par Mgr de Germiny. Nous y sommes tous invités.
Janine Soret.